La rentabilité d’une PME

Les PMEs se moquent de connaître la rentabilité !

1/ Un ratio basé sur un bilan comptable, pour mesurer la rentabilité de l'entreprise ? Absurde !

C’est vrai ! La valeur du bilan et notamment le Capital-actions ne représente pas du tout le chemin parcouru, la création de produits, la mise en place d’outils et la force de vente, qui ensemble ont permis à la société d’acquérir de la clientèle … et finalement de construire une marque ! Tout cela n’apparaît pas au bilan.

2/ Ce ratio de rentabilité ne donne pas de piste d'amélioration !

C’est faux ! À première vue, l’indicateur seul donne peu d’éclairage. Cependant, cet indicateur cache en réalité des informations clés que les dirigeants suivent régulièrement sans même le savoir, ou alors d’instinct. Ainsi, il y a donc bien un moyen de rendre cet indicateur utile et même très utile en le rapprochant du quotidien.

Allons-y par étape avec des explications concrètes !

1. la rentabilité par rapport à quoi ?

Ce n’est ni plus ni moins que les bénéfices comparés à un Capital. Certes, mais lequel dans mes comptes ? Afin de bien choisir, il faut faire la distinction entre trois possibilités :

Ce qui par simplicité est représenté par le total de votre bilan. Ainsi le Bénéfice / Total du bilan = ROA (Return On Asset)

Plus ou moins identique au capital total sauf qu’il faut exclure le “cash qui roupille”, les investissements qui n’ont rien à voir avec le business (des placements par exemple) ainsi que les dettes non rémunérées, comme les fournisseurs. Déjà que ces derniers financent une partie de vos activités, faut pas pousser .. Ainsi on obtient le bénéfice / Capital employé = ROCE (Return On Capital Employed).

Intéressant également car c’est la rentabilité pour l’actionnaire qui est recherchée ici avec le ROE (Return on Equity). Si vous avez du financement externe, le calculer vous sera utile. En effet, la rentabilité des fonds propres varie en fonction de l’endettement, ce que les financiers mesurent avec l’effet de levier. Mais laissons ce sujet spécifique de côté.

2. Quel bénéfice ou marge prendre en considération ?

Quand il est question d’améliorer la performance, il faut cibler, se concentrer sur l’essentiel et sur ce que vous pouvez influencer. Ainsi le plus simple consiste déjà à exclure deux éléments de l’analyse :

Ils ne sont pas un facteur de performance opérationnelle, mais plutôt une conséquence de votre choix de structure de financement. C’est donc à traiter séparément ;

Tout ce qui n’est pas usuel ou nécessaire à votre activité doit être exclu de l’analyse. Qu’ils soient “extraordinaires” ou les fruits annexes d’un placement ou d’un immeuble qui n’abrite pas votre production ou centre administratif, ils sont à mettre de côté.

En bref pour le bénéfice, prenez la marge , soit le résultat opérationnel après impôts, mais avant les coûts de financement.

3/ A vous de jouer !

Calculez votre ROCE en suivant notre exemple :

C’est votre marge opérationnelle dans votre compte de résultat (disons CHF 62K), réduite de l’impôt, arrondi ici à 20% pour l’exemple, soit CHF 62k x (1-0.2) = CHF 49.6K. Ce montant est AVANT intérêts financiers et autres éléments extraordinaires ou fruits d’activités annexes (revenus de placement par exemple).

soit la somme de :
+ Actifs immobilisés CHF 1’500k
+ Stocks : CHF 150k
+ Créances-clients (débiteurs) : CHF 100k
dettes à court terme (fournisseurs, etc..) : CHF 100k

Vous rapprochez votre résultat avec les capitaux. Ils faut donc exclure les capitaux des activités annexes, tels que les placements financiers et les immeubles qui ne sont pas dans vos opérations.

soit 49.6/1’650 * 100 = 3%.

Attention, il faut normalement prendre la valeur moyenne des capitaux de la période analysée, en général la moyenne sur 2 années.

4/ Et ensuite ? Comment l'améliorer ?

Tout le monde a intérêt à voir cet indicateur s’améliorer.
Vous, votre banquier, vos investisseurs, vos colllaborateurs, tout le monde.
Plus il est haut, meilleure sera la santé de l’entreprise, sa capacité a financer de nouvelles activités mais aussi à prévoir des réserves pour les ralentissements.

Certes … mais comment ?

Comme dans toute analyse, pour maîtriser et donc contrôler, il faut comprendre.
Et le plus simple est de désagréger ce ratio en blocs indépendants. Cet indicateur peut se scinder en 2 axes clés en gestion d’entreprise :

La rotation des capitaux (ROTC)

Le ratio ROTC mesure le bon usage des capitaux, soit la capacité à générer du Chiffre d’affaires grâce aux investissements.
Vu que ces dépenses nécessitent directement une sortie de cash, les dirigeants sont en général très regardant sur les dépenses d’investissements. En ayant la main sur le robinet, le décisionnaire se demande si c’est une bonne dépense et surtout si cela va générer plus de chiffre d’affaires. Et c’est une excellente question, car plus il y a de chiffre d’affaires avec le même capital, plus il “tourne” ce capital … ce que les financiers appellent la “rotation”. Si une société génère CHF 2Mio de chiffre d’affaires avec un capital de CHF 1Mio, alors ce dernier tourne 2x en une année. 
Plus l’indicateur ROTC s’élève, meilleur sera la rentabilité.

La rentabilité du Chiffre d'affaires (RCA)

Le ratio RCA chiffre la capacité à générer du profit. Faire du chiffre, c’est bien ! Toutefois, s’il n’en reste rien, à quoi bon !
Tous les dirigeants regardent sans exception le résultat opérationnel en % du chiffre d’affaires. Malheureusement peu de PMEs le “track” régulièrement. Disons-le franchement, les clôtures semestrielles voire annuelles sont une catastrophe en gestion de la performance !

Représentons notre exemple de cette société qui génère 3% de rendement avec un Capital employé de CHF 1’650k et un Chiffre d’affaires de CHF 1Mio :

Capital CHF 1'650k

Chiffre d'affaires CHF 1'000k

EBIT 10%

Chiffre d’affaires net : CHF 1’000k
Capital employé : CHF 1’650K

 

EBIT après impôts : CHF 62k x (1-0.2) = CHF 49.6K sur un Chiffre d’affaires de CHF 1’000k.

Si vous ne vous êtes pas trompé en chemin,
vous devriez retrouver votre ROCE multipliant le ROTC par le RCA

Séparer ces deux axes est très important :
ils ne se pilotent pas du tout de la même manière !

Les investissements doivent générer des flux de trésorerie futurs ET un rendement exigé.
Il est bien connu que le temps c’est de l’argent ! À défaut d’un rendement suffisant, il vaudrait peut-être mieux placer l’argent ailleurs.
Et sachez que cela se calcule et s’anticipe ! Une fois la décision prise, le résultat arrivera dans les comptes !

la rentabilité du Chiffre d’affaires quant à elle, est l’indicateur le plus courant et le plus suivi.
Par contre, pour mieux contrôler la trajectoire de cette valeur, il vaut mieux aussi décomposer ce ratio en blocs plus fins, plus maîtrisable, afin de dénicher les pépites et les opportunités d’une part, les points d’amélioration (pour ne pas dire les gaspillages) d’autre part.

Félicitations !


Vous êtes parti de très haut avec cet indicateur ROCE a priori abstrait, mais pourtant très IMPORTANT.

Il synthétise la performance de votre pilotage et vous comprenez désormais ses deux grands sous-jacents à piloter ! Maintenir ces 2 axes séparés dans la décision, c’est être malin ! L’un est plutôt stratégique (investissements), l’autre plutôt opérationnel et donc le fruit d’un apprentissage quotidien.

Vous aimeriez comparer votre ROCE avec des plus grands ?

Bonne idée ! C’est possible avec ce lien à droite. Bien que les données datent un peu, on y retrouve une belle synthèse des différences sectorielles ! Car si vous êtes dans les télécommunications, un secteur très capitalistique (investissement réseau !), vous avez meilleur temps d’avoir un bon rendement sur le chiffre d’affaires !!

5/ Quelques idées pour aller plus loin ...

  • Analyser le seuil de rentabilité de vos produits afin de comprendre comment ils contribuent à la couverture des charges fixes ;
  • Identifier un "mix" favorable afin d'orienter vos équipe de vente sur les bon produits, canaux ou autre segment ;
  • Analyser les flux opérationnels ayant le plus d'impact financier dans votre marge brute et prioriser vos projets ;
  • Calculer le coût des rebuts, réduire leurs impacts et prévenir d'autres gaspillages dans vos processus ;
  • Identifier les produits avec une rotation de stock plus lente ou générant des risques d'obsolescence plus importants ;
  • Optimiser le suivi des créances pour réduire les provisions et risques réels d'impayé ;
  • Adapter la gestion des investissements aux ambitions à moyen et long terme, notamment avec une roadmap ;
  • Mettre en place une gouvernance des investissements, avec une véritable mesure de la création de valeur (donc avec rendement) en amont de l'investissement. La "VAN" et le "TRI" sont des mesures très utilisées en entreprise ;
  • Construire un modèle d'évaluation de vos investissements pour mesurer les risques, avec par exemple une analyse de la sensibilité ou encore le délai de récupération de l'argent investi ;
  • Suivre les bénéfices de l'ensemble de vos projets. Certains gagnent, certains perdent, mais dans l'ensemble, le portefeuille doit délivrer la valeur attendue.

Pas le temps de tout faire ?
Nous offrons différents types d'accompagnement

Ateliers-formation

Pour démultiplier votre efficacité en impliquant vos collaborateurs.

Diagnostic en entreprise

Tout simplement pour aller à l'essentiel !

Contrôle de gestion

Déployer les bons outils et des méthodologies efficaces pour mettre vos objectifs sous contrôle.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *