Le contrôle de gestion environnemental !

Alors que les dirigeants de la planète se sont retrouvés cette année au Chili pour la COP25, en Suisse les entreprises se préoccupent aussi de développement durable. Face aux changements climatiques, la prise en compte des enjeux environnementaux dans la gestion des organisations s’est largement développée et aujourd’hui les sociétés sont de plus en plus nombreuses à agir.

Le CGE en substance

Les actions lancées sont multiples. Cela va de la gestion des déchets, à l’utilisation d’énergies renouvelables en passant par le choix de partenaires commerciaux responsables ou encore par la mise en œuvre d’une démarche Green IT. Les entreprises qui ont choisi de s’engager sur la voie de la durabilité et qui ont développé une stratégie environnementale ont besoin de s’assurer que celle-ci est correctement mise en œuvre. C’est dans ce contexte qu’intervient le contrôle de gestion environnemental (CGE).

Ce dernier peut s’appréhender comme une extension du contrôle de gestion traditionnel vers le management environnemental. L’approche du contrôle de gestion traditionnel est généralement axée sur la performance financière alors que le CGE se préoccupe des enjeux environnementaux et également des enjeux sociaux et éthiques. On appelle Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) la prise en compte de ces 3 préoccupations dans la stratégie d’entreprise. La RSE couvre par exemple la qualité des filières d’approvisionnement, le bien-être des salariés, leur santé, l’empreinte écologique, etc.

La principale mission du CGE est l’analyse de la performance environnementale et du processus RSE dans l’organisation. A l’aide de systèmes d’informations, le CGE mesure l’impact de l’entreprise sur l’environnement. Cet impact peut directement provenir du prélèvement de ressources naturelles (matières premières, énergie, eau, etc.) ou de rejets dans l’environnement (rejets de substances nocives dans les océans ou les rivières, de gaz polluants ou de gaz à effet de serre (GES) dans l’air, de matières dangereuses et polluantes dans la nature). Il s’agit d’identifier les activités les plus polluantes (production, transports, emballages, informatique, etc.) et de proposer les mesures adéquates pour les limiter au maximum. Différents indicateurs forment un tableau de bord environnemental, appelé aussi tableau de bord vert, et aident à l’élaboration d’un budget environnemental. Les indicateurs les plus utilisés concernent les émissions GES, la consommation énergétique, les émissions atmosphériques, les prélèvements et les rejets d’eau et les déchets non recyclables. Pour plus de pertinence, les données environnementales sont mises en rapport avec d’autres indicateurs comme le chiffre d’affaires, la quantité de produits fabriqués ou le nombre d’heures de travail.

En plus des travaux décrits précédemment, le CGE peut aussi intervenir dans l’analyse du cycle de vie (ACV). Cette démarche prend en compte l’impact environnemental du produit depuis l’extraction des matières premières ou l’utilisation de matières recyclées jusqu’au transport, à l’utilisation et à sa fin de vie (recyclage, réutilisation ou valorisation). Finalement, le CGE participe aussi aux décisions d’investissement de l’entreprise, lesquelles doivent être prises en considérant les aspects environnementaux en plus des critères financiers habituels.

Afin d’aider les entreprises à quantifier leurs émissions GES, il existe la comptabilité carbone. Cet outil permet à l’organisation d’avoir un état des lieux, sur une période donnée, de l’ensemble de ses émissions GES. La comptabilité carbone peut s’appliquer aux activités sous contrôle directe de l’entreprise mais peut aussi inclure les émissions des fournisseurs et des clients et parfois encore les émissions « amont », c’est-à-dire celles provenant de l’extraction, du transport et du traitement des matières premières. Dans le futur, cette comptabilité pourrait devenir obligatoire et servir de base pour la fiscalité environnementale.

Les entreprises qui souhaitent être guidées dans la mise en place d’un management environnemental peuvent suivre des programmes de certification (par exemple ISO 14001 ou EcoEntreprise). Ces certifications démontrent que la société dispose des procédures adéquates pour mesurer ses impacts environnementaux, les réduire et les gérer efficacement. Pour toute certification, un audit environnemental externe doit être effectué dans l’entreprise.

En conclusion

Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins...

Proverbe chinois

Au-delà des considérations écologiques, se préoccuper de durabilité amène un avantage compétitif à l’entreprise grâce aux économies réalisées et au gain d’efficience. C’est aussi un argument commercial que les sociétés doivent mettre en avant pour se démarquer de la concurrence, les consommateurs étant de plus en plus sensibles au développement durable.

Rebecca Salzmann

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